Dans un pays comme le Tchad, marqué par une forte diversité d’identités culturelles mais qui peut également être source de clivages, le dialogue interculturel apparait comme une nécessité afin de renforcer l’unité nationale. Celle–ci doit nécessairement passer par une connaissance et une reconnaissance mutuelle des différentes cultures.

• Une Résidence d’auteurs sur la lecture de la ville, « Mutations urbaines »

Les liens entre les différentes maisons et équipes culturelles sont entretenues grâce, notamment, à la mise en place d’une résidence d’artistes qui se déploie comme un laboratoire ou un théâtre de questions (à la manière de Jacques Rebotier) autour de la ville et de ses relations avec le territoire nationale en qualité de capitale.

N’Djamena est le ventre d’une nation pluri-ethnique, pluri-religieuse qui se nourrit des identités particulières de chaque groupe de population qui en fait l’essence. Une ville où les populations vivent rarement ensemble.

Une situation qui n’a rien d’historique ou de culturel mais héritée des nombreux conflits qui ont instrumentalisé les inimitiés entre communautés. Avant cette période chacun s’accorde à penser que le partage entre les quartiers sud et nord était une réalité aujourd’hui perdue.

La Résidence intitulée Mutations urbaines s’écrit au quotidien à la lecture de cette ville par les peuples qui l’habitent ; un travail d’observation et de discussions sur les mutations urbaines, architecturales, sociologiques, culturelles etc… Observations et discussions partagées entre populations et artistes.

Les équipes artistiques interviennent en qualité « d’auteurs publics » au sens « d’écrivains publics ». Ils mettent en scène les relectures de la ville qu’en feront les habitants.

Le projet est bien sûr destiné aussi à restaurer l’autorité des artistes vis à vis de ces publics et de comprendre leur importance dans la construction des imaginaires collectifs.

Le projet est conjointement mené avec le musée national, le Centre Al Mouna, la ville de N’Djamena et l’AFD pour la première édition de rencontres en février 2013 « N’Djamena : imaginer la ville capitale de demain » : 5 expositions (4 au musée, 1 à l’IFT), un colloque de 4 jours, des performances/Installations et des débats d’idées dans l’espace public.

Artistes programmés :

Philippe Guionie – photographe français (février 2013) ; Anissa Michalon – photographe française (février 2013) ; Nimrod – écrivain tchadien vivant en France (février et juillet 2013) ; Invisible Borders – collectif artistique nigérian (avril 2013), André Lejarre – photographe français/Le bar Floréal (février 2013) ; Léonnie Youmba – dramaturge et comédienne

Ces artistes sont associés à un collectif artistique tchadien autour d’Abdoulaye Barry (photographe tchadien lauréat Bamako 2009) dont deux expositions seront présentées au musée national.

Projet de création d’un laboratoire de recherche à l’université de N’Djamena en lien avec une université française : Observatoire des imaginaires nationaux.

Partenaires :

Centre Al Mouna, Etablissements scolaires et d’enseignement supérieur (université de sociologie), Collectif de photographes amateurs, Ville de N’Djamena, Ministère de la culture (musée et bibliothèque nationale), AFD, Collectifs de réalisateurs de films documentaires de création, Partenariat européen (projet ACP avec le Bénin et l’Institut français/paris) associé au centre Al Mouna.

Coopération artistique française et internationale 2013 :

Didier Schaub, directeur artistique Doual’Art. Philippe Chaudoir, sociologue-université Lyon 2. Président d’Esprit public-Marseille. Atelier Design/graphique Nous travaillons ensemble. Galerie d’art Le Bar Floréal / Paris. Résidence André Lejarre, Photographe. Galerie « La Revue noire » / Paris. Nimrod écrivain. Éditions Acte sud. Éditions de l’œil. Éditions Dumerchez (négociations en cours).

• Moissonnage du Patrimoine immatériel et anthropologique

À partir d’avril 2013, mise en place par le Centre Al Mouna, avec le soutien du SCAC, de missions anthropologiques pour le collectage de sons, musiques et littérature orale, photos et films sur les peuples du Tchad. Les équipes seront constituées d’un réalisateur/film, d’un preneur de son, du photographe Abdoulaye Barry, d’un doctorant en sociologie de la culture. L’objectif est que le corpus de documents recueillis soit mis en valeur par l’Institut français et le centre Al Mouna, puis conservé et exploité par le Musée National et la Bibliothèque Nationale. 

Secteurs concernés :

. Musiques, danses, littératures orales,

. Anthropologie et sociologie, Projet de création d’un laboratoire de recherche de l’université de N’Djamena en lien avec une université française : Observatoire des imaginaires nationaux.

Partenaires :

Centre Al Mouna, Musée National, Office National de la Radio et de la Télévision, Bibliothèque nationale, collectif de conteurs. Université de N’Djamena.

• Spectacles « Un thé au Sahel »

L’objectif de ces concerts est une restauration des dialogues interculturels entre les communautés nord et sud, une rencontre et un partage des esthétiques comme des publics.

Mis en place en 2012 avec le Ballet national et le musée national, les spectacles « Un thé au Sahel » associent des musiciens mais aussi conteurs et danseurs des populations nord et sud. Les spectacles se dérouleront en 2013, autant à l’institut que dans les quartiers ; la première édition « délocalisée » se tiendra dans le cadre des  journées internationales des droits des femmes à Moundou puis à Abéché. Retour à N’Djaména en mai.  

Secteurs concernés :

. Musiques et danses traditionnelles, littératures orales,

. Anthropologie et sociologie urbaines (Projet de création d’un laboratoire de recherche de l’université de N’Djamena en lien avec une université française).

Partenaires :

Ballet national, Musée National, Ville de N’Djamena, Ville de Moundou et d’Abéché, Office national de la radio et de la télévision, compagnies chorégraphiques contemporaines

Coopération artistique française 2013 :

Yi Ping Yang / percusionniste française
Rencontres internationales de la timbales / Benoît Cambreling, percussionniste

• Initiation d’une réflexion sur l’ethnopsychiatrie

La société tchadienne est en pleine mutation, surtout en ville, entre modernisme et tradition. La perte de repères, l’éclatement de la cellule familiale comme les difficultés socio-économiques et des populations qui ne voient plus bien le sens de l’avenir,  conduisent à une hausse inquiétante des comportements sociaux délictueux et au recours à la drogue et à l’alcoolisme. En 2012, la semaine « Art et thérapie », à partir de projection de films, pièces de théâtre et chorégraphies a permis d’engager un dialogue sur le sujet de l’alcoolisme et d’explorer comment la pratique artistique peut participer d’une thérapie du corps et de l’esprit.

Dans la continuité, l’IFT initiera en 2013 un programme de sensibilisation à  l’ethnopsychiatrie, permettant d’appréhender les comportements sociaux dans leur contexte  social, traditionnel et psychologique.

Partenaires :

CEDIRAA, Ministère de la santé, Université, tradipraticiens

Secteurs concernés :

Médecine, associations de lutte contre les addictions, compagnies de théâtre et de danse

Coopération française 2013 :

Dr Claire Mestre, ethnopsychiatre
Dr Bruno Martinelli, Sociologue, Anthropologue Université Aix Marseille