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Art et Économie / Introduction

ART ET ÉCONOMIE 2015

Projet de convention pour faciliter la conversion des activités économiques informelles en petites entreprises viables et durables inscrites au registre du commerce.

 

Depuis 2012, l’Institut français organise deux événements sur le thème « Art et Économie » autour de rencontres : la mode et le stylisme Kelou Fashion en octobre et le Salon des arts appliqués et l’entrepreneuriat en décembre. Depuis trois ans que ces événements ont été mis en place, l’émulation autour de la question des entreprises informelles valorisant, ce que les Tchadiens appellent « les petits métiers », a permis d’identifier un réel besoin de reconnaissance d’une part, d’informations et de formations pour accompagner chacune de ces petites entreprises d’autre part.

Ce constat nous a conduit à mettre en place, avec un enseignant du lycée Montaigne, Michel Adelouhab, deux nouvelles formes de rencontres pérennes : les Cafés écos à la rentrée de la saison 2014/2015 et les Ateliers économiques en mars dernier. Lesquels conduiront à la rentrée 2015 à la signature d’une convention entre l’Ani (organisme régulant les déclarations de création d’entreprises), le FONAJ (Fonds national d’appui à la jeunesse, permettant de soutenir financièrement la création d’entreprises par des jeunes) et l’Institut français du Tchad. 

 

Les cafés économiques sont nés des besoins identifiés chez les jeunes proposant une activité professionnelle de qualité valorisée dans le cadre de deux festivals : Kelou fashion et Le salon des arts appliqués et de l’entrepreneuriat. La question entrepreneuriale, en particulier, a été reprise très fréquemment dans les cafés philosophiques sur un stricte plan d’émancipation des pays grâce au travail en tant que valeur. La société tchadienne s’organise autour des jeunes gens bien nés et ceux qui sont contraints de travailler pour vivre. Le travail est rarement perçu comme un outil d’émancipation. Il reste attaché à son étymologie (comme dans la plupart des pays aristocratiques avant la révolution française), le « tripalium » instrument de torture chez les grecs. Ces débats organisés seulement sur le plan philosophique ont conduit un enseignant de sciences économique et sociale du lycée Montaigne, Michel Abdelouhab, à constituer un petit groupe d’acteurs de la vie économique pour initier les Cafés écos des vendredis depuis septembre 2014. Très vite, beaucoup de jeunes fréquentant ces cafés écos ont sollicité des informations techniques au delà du débat d’idées pour renforcer leur capacité à sortir de l’économie de la « débrouillardise », et s’engager vers des activités entrepreneuriales réfléchies, rentables et pérennes.

 

Ces ateliers de formation à l’initiateur d’entreprise ont été mis en place en mars 2015 et se déroulent depuis au rythme d’une séance hebdomadaire de 2 heures. Le contenu se veut élémentaire. Il s’agit de mettre à disposition un ensemble complet de ressources sur la création des petites entreprises. Chaque module traite des thèmes clés de l’entrepreneuriat qui peuvent être abrégés ou approfondis selon le besoin des bénéficiaires. Cette formation a surtout pour objectif d’instiller le sens de la confiance en soi notamment chez les stagiaires qui ont pour la plupart une activité non formelle, afin de la reconvertir de manière professionnelle viable et durable.

Ces formations sont payantes surtout pour sélectionnner des porteurs de projets qui s’inscrivent dans la durée et qui ne viennent pas par simple curiosité. L’inscription est mensuelle. Elle s’élève à 5000 frs par mois. La totalité des modules est dispensée sur 4 mois.

L’équipe pédagogique réunie par l’enseignent du lycée Montaigne est entièrement bénévole et rassemble des responsables d’organisations oeuvrant dans l’accompagnement à la création d’entreprises. Ils ont rencontré un public qu’ils ne connaissaient pas et surtout pu apprécier des compétences étouffées qui meritaient en effet de sortir de l’informel. Une question d’émancipation économique des individus d’une part mais aussi une prise de conscience de ce que pourrait représenter économiquement la convertion de ces activités informelles en activités formelles.

C’est dans cet esprit que travaillent aujourd’hui les trois partenaires : ANI, FONAJ et INSTITUT FRANÇAIS afin de se préparer à la signature d’une convention permettant à ces porteurs de projets repérés à l’Institut français de bénéficier d’un accompagnement rapproché afin d’obtenir un soutien financier d’une part avec le Fonaj et déclarer leur activité officiellement au registre du commerce avec l’Ani d’autre part.

 

Cette convention entre ces trois organismes sera signée à l’occasion de l’édition 2015, à la rentrée, du prochain Kelou Fashion (octobre) et du salon des arts appliqués (décembre) afin de poursuivre la création de liens de plus en plus étroits avec ces activités encore aujourd’hui le plus souvent situées dans l’informel. L’objectif étant bien celui-ci : affirmer l’émancipation économique d’un pays par celle de ses citoyens.

Patrick Giraudo