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Art et Économie / Kelou Fashion

FESTIVAL KELOU FASHION

KELOU FASHION, quinzaine de la mode et du stylisme a été mise en place pour une première édition en octobre 2012. Son succès a permis de sélectionner deux lauréats qui ont été invités en France à Lyon pour un défilé haute couture « Couleurs tendances » en mars 2013. Les deux créateurs ont pu négocier avec une boutique lyonnaise un partenariat pour une diffusion pérenne de leur création. La réédition et le nouveau succès du salon en octobre 2013 a confirmé l’importance de cet événement dans une branche artistique directement en lien avec une économie de proximité.

2013 a surtout permis d’installer une pérénité dans le travail avec les opérateurs français qui les ont renforcés dans une démarche de création plus engagée et plus assurée ; révélant de véritables itinéraires personnels et créatifs qui permettent d’imaginer, pour au moins deux d’entre eux, leur association à des manifestations d’envergure internationale.

Le collectif de cette année réunissait 13 créateurs de l’année précédentes et quelques nouveaux. Comme l’année passée, la manifestation s’articulait toujours autour de 4 événements principaux :

– Un atelier/Workshop dirigé cette anée par Lorraine Jung associée à la Griffe française Hada Moode Love du village des créateurs de Lyon 10 jours avant les rencontres du 23 septembre au 4 novembre.

– Une exposition des créations des 13 couturiers (du 4 octobre au 8 novembre) associée à un showroom sur la semaine des défilés.

– Un grand défilé inaugural chorégraphié et dansé par des artistes tchadiens sélectionnés pour la Biennale de Lyon 2014.

– Des défilés tous les soirs à 18h00 consacrés à de jeunes professionnels émergeants du samedi 5 au mercredi 9.

L’atelier workshop.

L’atelier s’est déroulé en amont du festival, alors que, l’année dernière, il se déroulait pendant. L’objectif premier était que chaque bénéficiaire crée deux modèles en rapport avec le thème Afro’Urbain offrant une mixité des formes et des matières entre l’Europe et l’Afrique. La créatrice Loraine Jung avait rapporté 130 mètres de tissus de France qui ont été mélangés aux tissus africains. L’organisation de l’atelier avait bénéficié d’un travail préparatoire beaucoup plus précis que l’année précédente entre la nouvelle intervenante Lorainne Jung, Nadège Cézette du village des créateurs à Lyon et les créateurs tchadiens. Les liens tissés sur une année, relancés par le défilé de mars 2013 à Lyon, ont vraiment permis de franchir une étape décisive dans le travail dit de « création ».

En effet, les professionnels tchadiens travaillent habituellement sur commande et répondent directement aux besoins de leurs clients. Aucun d’entre eux n’était, jusque là, dans une démarche de création à part entière ; non pas du fait d’un manque de créativité mais pour des raisons strictement économiques : Un travail fait dans l’urgence pour gagner l’argent nécessaire pour vivre au jour le jour. Le temps réservé à des questions de « création » à proprement parlé est quasi inexistant : Pas de commande, ni d’événement permettant de le valoriser.

Le workshop était donc l’occasion de donner une grande liberté de création avec une prise de conscience des contraintes techniques et d’une méthodologie de projet à respecter. Le thème Afro’urbain constituait un cadre méthodologique dont l’idée de départ était de réinterpréter la culture vestimentaire tchadienne dans un esprit plus « streep wear ». Destructuration des coupes « rigides » tchadiennes pour les recomposer avec des formes plus amples, plus floues, mixtes et modulables. Mixer les cultures et les sexes. Apprendre à manipuler des tissus légers, flous et mous (maille, jersey, jean strech, mousseline) avec les tissus traditionnels africains beaucoup plus raides (Wax, Basin …). Insérer des imprimés par un travail de découpes, d’ajourés ou d’applications.

Cet atelier était l’occasion de travailler en collectif, d’échanger des idées et des solutions techniques, de mutualiser les outils, de réfléchir ensemble à une collection commune. Une grande première alors que les professionnels travaillent habituellement dans un souci de rivalité économique. L’apprentissage d’une émulation collective nécessaire dans un processus de création.

L’exposition, le showroom et les défilés.

L’exposition présentait le travail des couturiers (2 modèles par créateur) et rendait compte des travaux de création du workshop sur le thème Afro’Urbain. Il est indéniable que les professionnels ont privilégié, cette année, un effort considérable à la création. Il en a résulté une bien meilleure performance en terme d’innovation, d’orignalité et de création mais un chiffre d’affaire moins important sur le showroom.  L’exposition et les défilés ont, eux, connu un accroissement du public : 6743 visiteurs et 2600 spectateurs en 2013 contre 5200 visiteurs et 1400 spectateurs en 2012.

De toute évidence, c’est un événement qui est désormais attendu du public.

Patrick Giraudo