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Liaisons urbaines / Mutations urbaines 2013-2014

L’Institut français du Tchad associé à l’Institut français/Paris a organisé, à l’occasion de la requalification architecturale de la place de Chagoua (projet LIAISONS URBAINES), des journées d’études, du 25 au 29 mars 2014.
Ces rencontres étaient conçues comme une étape de réflexion pour faire une première synthèse des travaux hors les murs de l’IFT, menés par les équipes artistiques immergées dans l’espace public tout au long de l’année 2013 et 2014 (projet MUTATIONS URBAINES) et imaginer comment la requalification architecturale de la place à vivre de Chagoua peut constituer un lieu de convivialité sociale et culturelle au service des populations et des artistes (projet LIAISONS URBAINES).
CONTEXTE :
À l’inverse des autres villes de l’État tchadien qui incarnent chacune une identité particulière, N’Djamena est un carrefour migratoire des populations et des ethnies. La ville-capitale devrait tirer son identité du dialogue entre tous les peuples du Tchad qui l’habitent. Seulement, force est de constater que N’Djaména est une ville où les populations vivent rarement ensemble. Une situation héritée des conflits de 1979 et qui persiste toujours aujourd’hui malgré la paix recouvrée. Avant cette période chacun s’accorde à penser que le partage entre les quartiers sud et nord était une réalité aujourd’hui devenue très abstraite.
Comment la restaurer ?
C’est à cette question que s’attèle l’ensemble des partenaires associés : La Mairie de N’Djaména, L’AFD, le Centre Al Mouna, l’Institut français/Paris, l’IFT et les équipes artistiques.
En février 2013, dans le cadre d’un colloque intitié par la Mairie de N’Djaména et l’Agence française de développement sur le thème : N’Djaména, pensez la ville capitale de demain, l’Institut français du Tchad avait piloté un atelier sur le thème de la culture comme facteur de développement.
À la même période, la coopération française, l’Institut français du Tchad et l’IF/Paris ouvraient deux chantiers :

UN PROGRAMME DE RÉSIDENCES D’ARTISTES IMMERGÉS DANS L’ESPACE PUBLIC SUR LE FONDS SOCIAL DE DÉVELOPPEMENT : MUTATIONS URBAINES
UN PROGRAMME DE REQUALIFICATION D’UN ESPACE PUBLIC ASSOCIÉ AUX ÉQUIPES ARTISTIQUES, LA PLACE À VIVRE DE CHAGOUA : LIAISONS URBAINES.

MUTATIONS URBAINES

L’ambassade de France a ouvert le Fonds social de développement à des projets culturels incitant le décloisonnement des populations et l’émergence de dialogues interculturels pour 150 000 euros. Le comité de sélection a retenu pour l’heure trois projets pour construire cette politique de l’Institut français du Tchad hors les murs autour des liens durables de dialogue social initié par l’immersion d’équipes artistiques au contact des populations :

Le premier autour du collectif des danseurs contemporains : Projet de l’association Ndam Sena. Repérages des enfants et adolescents, initiation à la danse contemporaine, ateliers de formation, ateliers de création, pratiques amateurs et professionnelles ; restitutions éclatées sur l’ensemble des places à vivre des châteaux d’eau coordonnées par Ahmed Taïgué (chorégraphe tchadien).

B- Le deuxième autour de la photographie et du théâtre respectivement coordonné par Abdoulaye Barry, photographe lauréat des rencontres de Bamako 2009, Léonnie Youmba, comédienne, dramaturge, directrice artistique de la compagnie Cult’Arts, Abdoulaye Oumaté, comédien, metteur en scène, directeur artistique de Djamh Afrik.L’objectif, comme pour le projet danse, est de travailler avec les populations et inscrire les artistes dans la ville en qualité d’ “auteur public” au sens d’écrivain public. Ils mettent en scène les relectures de la ville qu’en font les habitants.

C- Le troisième autour du conte et des arts visuels coordonné par Maxime Ganza et Éric Tak, plasticiens et le collectif des conteurs, Coco Titi. Les équipes interviennent sur des thématiques de sensibilisation à des questions d’utilité publique : l’environnement, la santé. Ils circulent également sur l’ensemble des arrondissements de N’Djaména en collaboration étroite avec les services municipaux.

Ces trois projets sont dotés de 30 000 euros chacun. Une troisième session permettra à d’autres équipes de s’inscrire dans ce dispositif coordonné par le Centre Al Mouna en partenariat avec l’Institut français du Tchad.

LIAISONS URBAINES

Initié par l’Institut français le projet Liaisons urbaines est mené à l’échelle du continent africain en collaboration avec la Cité de l’Architecture de Chaillot et l’Ecole du patrimoine africain. Il s’agit d’un programme de mise en valeur d’espaces publics par des interventions qui croisent aménagement urbain, design, art et patrimoine en associant habitants, opérateurs culturels et concepteurs du cadre de vie et des arts visuels (designers, architectes, plasticiens)
. Un premier projet pilote avait permis l’inauguration d’une place à Porto Novo en 2013. Le réaménagement de la place Chagoua à N’Djamena autour de la thématique de la circulation de l’eau dans la ville en constitue la deuxième étape. Le projet était porté au Tchad par la Ville de N’Djamena, l’AFD, l’IFT et le Centre Al Mouna.
L’inauguration de la requalification de la place à vivre de Chagoua (le 26 mars) dans le cadre du projet Liaisons urbaines s’inscrit donc dans un dispositif plus vaste destiné à réfléchir entre habitants, élus et artistes à la manière dont on peut se ressaisir de l’aménagement urbain associé à un dialogue social pensé et mis en œuvre par des équipes artistiques qui travaillent dans tous les arrondissements de la ville dont le quartier de Chagoua.
Selon la méthodologie propre au projet Liaisons urbaines, le Directeur artistique a travaillé en consultation avec tous les acteurs locaux pour mettre en œuvre le cahier des charges de l’appel d’offre du réaménagement de la place : s’engageant à la fois sur un projet architectural lié à une problématique sociale et sur un budget qui ne devait pas dépasser 25 000 euros, travaux et honoraires de la maitrise d’œuvre compris – une gageure financière destinée à prouver que le projet était possible et reproductible dans d’autres quartiers dans l’avenir.
Cet appel a été remporté par deux jeunes architectes tchadiens, fraîchement diplômés de l’Ecole d’archichecture de Lomé, Maloum Hissein Mallah Adam et Bertin Fali Padjonre, qui avec le chef de chantier M. Badaoui ont constitué l’équipe de la maîtrise d’ouvrage. Ils ont œuvré en étroite collaboration à la fois avec les autres équipes artistiques qui travaillaient sur le terrain et avec les populations.

LES JOURNÉES D’ÉTUDES

Ont été associés à ces journées d’études du 25 au 29 mars 2014, des experts venus d’Europe et d’autres pays africains qui ont apporté l’éclairage d’expériences similaires menées dans leurs pays respectifs :
– L’expérimentation architecturale en Afrique liée à des problématiques sociales avec Franck Houndegla (scénographe, architecte, directeur artistique du programme LIAISONS URBAINES), Maurice Weiss (photographe berlinois de l’agence Ostkreuz en résidence à N’Djaména avec le collectif des photographes tchadien).
– Résidences dansées dans l’espace public associées à une problématique de développement urbain à Dakar au Sénégal (Patrick Acogny de l’École des sables en résidence à N’Djaména avec le collectif des danseurs tchadiens) ; dans la Région Nord-Pas de Calais en France (Farid Berki de la compagnie Melting Spot invité en résidence dans le cadre d’un atelier du monde de l’Institut français avec le chorégraphe tchadien Rodrigue Ousmane) et Valérie Lesbros, responsable du programme Afrique et Caraïbes en créations à l’Institut français.
Et bien sûr l’ensemble des équipes artistiques tchadiennes précédemment citées.
Cette requalification est, aujourd’hui, un acte politique fort de réappropriation de la ville par les communautés qui y vivent avec les artistes qui y travaillent en lien avec les élus d’arrondissement et de la mairie centrale. Plus de 500 personnes ont participé tous les soirs de la semaine d’inauguration et d’organisation des journées d’études aux spectacles et restitutions données sur la nouvelle place à vivre de Chagoua.
Fabriquer des liens durables entre les habitants, les architectes et les autres équipes artistiques ; Travailler avec les populations ; Les inciter à circuler entre les quartiers ; C’est en ce sens que les équipes artistiques travaillent en étroite collaboration avec les services de la Maire de N’Djaména. Chacune des restitutions (une tous les 15 jours en moyenne) est associée à un débat entre les habitants, les chefs de quartiers et les élus autour de problèmatiques repérées par des sociologues travaillant au centre Al Mouna.

Comprendre ensemble, élus, artistes, population, que les mutations d’une ville ne s’opèrent pas seulement dans la construction d’immeubles ou de routes mais qu’elles consistent surtout à franchir les frontières invisibles entre les cultures et les peuples. La place de Chagoua étant aujourd’hui un lieu privilégié pour organiser ces rencontres et ce dialogue interculturel entre les peuples.
Une journée d’étude accueillie par la Cité de l’Architecture de Chaillot à l’automne prochain autour projet Liaisons urbaines devrait également permettre un temps-fort en France, visant à restituer la mise en œuvre de ce projet avec des débats et conférences liées aux problématique d’architecture et d’urbanisme en Afrique, aux questions de l’eau et de l’assainissement, avec l’éventuel concours de la mairie de Ndjamena et de l’Ambassade du Tchad en France.