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Théâtre et urbanité / Résidences citoyennes à Abéché et N’Djaména

RÉSIDENCES CITOYENNES DE THÉÂTRE FORUM DANS LES COMMUNES
Activités Sensibilisation et dialogue autour de la décentralisation et implication de la population dans les affaires locales grâce à des résidences citoyennes de théâtre forum à Abéché et N’Djaména.
Titre du projet « Théâtre et Urbanité »
Chargé de la mise en œuvre Association DJAMAH AFRIK
Contact Bonaventure MADJITOUBANGAR, Directeur artistique

Tel : 63-45-61-71 ; Email : djarim_bona@yahoo.fr

Délais exécution 01 septembre-15 décembre 2015
Bénéficiaires Population et Mairies d’Abéché et de N’Djaména ; Djamah Afrik
Transfert financier Subvention à Djamah Afrik en une tranche sur crédits SCAC

1/ Le contexte sociétal et politique

Le processus de décentralisation au Tchad est en phase de construction depuis les années 1990. La Conférence Nationale Souveraine de 1993 a permis d’opter pour un dispositif ambitieux de déconcentration-décentralisation, et un maillage intégral du territoire en quatre catégories de collectivités territoriales décentralisées – les régions, les départements, les communes et les communautés rurales. Il faudra attendre janvier 2012 pour voir l’avènement des premières élections locales dans 42 communes.

Après trois années de mise en œuvre du processus, la décentralisation apparait incontournable, même si le processus évolue sans véritable volonté politique, dans un contexte sécuritaire difficile qui incite à la centralisation. La réforme décentralisatrice est notamment handicapée par de nombreuses résistances et un manque criant d’adhésion des Ministères sectoriels et de la population. Les citoyens comprennent peu cette réforme jugée complexe, qui ne semble pas avoir d’impact positif dans l’amélioration de leur quotidien. Les Mairies ne disposent pas de moyens financiers et humains suffisants pour contribuer au développement de leur commune et offrir les services de base tant attendus, dont la gestion leur a été transférée.

Pour autant, les acteurs clés du processus – Direction générale de la Décentralisation, Association Nationale des Communes du Tchad, Maires, Préfets – ont été renforcés grâce à de nombreux ateliers de formation. Ils comprennent désormais le bien-fondé de cette réforme, et commencent à porter le processus avec conviction. Avec l’appui de la Coopération Française, la Direction Générale de la Décentralisation s’est ouverte progressivement à la société civile et a permis aux journalistes et aux enseignants de s’impliquer en jouant un rôle de médiation sociale vers le grand public.

L’année 2015 marque un tournant dans cette stratégie de la DGD, qui prend conscience de l’importance capitale de la participation citoyenne et de l’implication de tous les acteurs de la société dans cette réforme. A ce titre, la DGD et l’ANCT entament une collaboration fructueuse avec des organismes de la société civile, tels que le CEFOD et le CDVT. C’est dans ce cadre, et afin de rapprocher la politique de décentralisation du quotidien des citoyens, que la DGD et l’ANCT ont souhaité mettre en œuvre des actions de théâtre-forum avec DJAMAH AFRIK et lui permettre de contribuer à cette réforme par la sensibilisation, la médiation sociale et la participation citoyenne.

2/ Le projet

Susciter échanges et débats parmi les acteurs du territoire (population, OSC, élus, chefs traditionnels, représentants de l’Etat) grâce au théâtre forum, sur des thèmes d’intérêt général liés au rôle des communes élues, afin d’encourager le dialogue et l’implication de la population dans les affaires locales.

Objectifs spécifiques :

  • Sensibiliser la population à des thèmes d’intérêt général liés aux compétences des communes ;
  • Aider la population à comprendre le rôle d’une commune élue et les limites de son intervention dans le contexte actuel ;
  • Encourager la population à s’impliquer dans la vie de son quartier, de sa commune ;
  • Rendre accessible les enjeux et avantages de la décentralisation, les rapprocher du quotidien des tchadiens et des services de base ;
  • Offrir des possibilités de dialogue dans l’espace public entre populations, élus, chefs traditionnels, représentants de l’Etat, favorisant ainsi citoyenneté et démocratie locale participative ;
  • Permettre aux artistes de jouer leur rôle de médiateur social en contribuant au dialogue sur la décentralisation et la participation citoyenne, tout en nourrissant leur travail créatif sur ces thèmes.

3/ Activités

La compagnie de théâtre DJAMAH AFRIK résidera dans deux communes, à Abéché et à N’Djaména, pendant deux semaines chacune, et mettra en œuvre des actions de théâtre forum auprès de la population pour susciter échanges et débats sur des thèmes d’intérêt général.

Le théâtre forum est un théâtre social de participation, lieu de paroles et de questionnements. Son but est d’offrir une tribune aux personnes privées de parole, d’éveiller les esprits et de promouvoir la participation citoyenne.

Les thèmes plébiscités par les citoyens-acteurs varient selon le public et les zones géographiques. De par son expérience de terrain, DJAMAH AFRIK constate que les préoccupations récurrentes sont : la scolarisation des filles, l’état civil, les inondations, les grossesses précoces, la délinquance juvénile, la polygamie, le rôle des communes élues, le chômage, la gestion de l’eau potable, les villes propres, l’impôt, la participation citoyenne, la corruption.

Les échanges avec le public, facilités par DJAMAH AFRIK, permettront de créer des pièces brèves. Les citoyens et les acteurs de la commune prendront part aux dialogues ou s’improviseront comédiens, afin d’exprimer et de partager frustrations, espoirs et questionnements dans l’espace public. Chaque résidence se terminera par une représentation finale avec les autorités locales, la société civile, les chefs traditionnels.

DJAMAH AFRIK documentera ce travail social de participation citoyenne à travers un film documentaire et un travail photographique, qui seront présentés au grand public fin 2015 à N’Djaména et lors de la prochaine Assemblée Générale des Maires du Tchad en 2016.

4/ DISPOSITIF ET CHRONOGRAMME

DJAMAH AFRIK est le porteur du projet. Pour autant, la Compagnie travaille en lien étroit avec la Direction Générale de la Décentralisation (DGD), l’Association Nationale des Communes du Tchad (ANCT) et la Coopération Française pour le montage du projet et la prise de contact avec les Maires. La DGD et l’ANCT seront chargés de sensibiliser l’équipe de DJAMAH AFRIK sur les enjeux actuels de la décentralisation, avant le travail de médiation sociale et de théâtre forum dans les communes.

L’équipe de DJAMAH AFRIK sollicitée sur ce projet est constituée de huit personnes : un directeur artistique, un sociologue, quatre comédiens, un réalisateur et un monteur. Des interprètes locaux et des photographes seront sollicités dans les communes bénéficiaires.

Le projet sera mis en œuvre de septembre à décembre 2015. Chaque résidence citoyenne durera 14 jours, durée minimale pour effectuer un véritable travail social et susciter des débats pertinents entre acteurs de la cité.

Les scenarii des pièces seront élaborés grâce aux échanges avec la population, même si des thèmes sont identifiés en amont par DJAMAH AFRIK, la DGD et l’ANCT pour initier et provoquer dialogues et débats contradictoires avec le public. La compagnie s’efforcera de canaliser les discussions sur des thèmes liés directement ou indirectement à la décentralisation et au rôle des communes.

Lors d’une pièce de théâtre forum, le thème central est souvent décliné en cinq à sept sous-thèmes reliés les uns aux autres, qui viennent renforcer la thématique principale.

6/ Résultats attendus

  • Deux résidences citoyennes de théâtre forum sont organisées à Abéché et N’Djaména et permettent à la population et autres acteurs de la ville de débattre sur l’utilité et les défis de la décentralisation, le rôle d’une commune et les services essentiels.
  • Les participants sont sensibilisés à la décentralisation comme outil institutionnel capable d’améliorer leur quotidien par une meilleure offre de services publics locaux.
  • Les participants sont encouragés à participer dans les affaires locales.
  • Un film documentaire est élaboré pour retranscrire les échanges et les pièces de théâtre des résidences.
  • Les artistes de la Compagnie Djamah Afrik sont sensibilisés à la décentralisation et en deviennent des médiateurs.
  • Des opportunités de dialogues multi-acteurs dans les communes sont organisées lors des représentations théâtrales sur les sites et lors du visionnage du documentaire, ouvrant le débat sur la décentralisation à toute la société et favorisant citoyenneté et démocratie locale participative.

7/ Présentation de Djamah Afrik

Créée par un collectif de comédiens en février 2008, la compagnie de théâtre DJAMAH AFRIK (Peuple d’Afrique) est une compagnie de théâtre tchadienne, basée à N’Djamena. Sous la direction artistique de Bonaventure Madjitoubangar, elle mène des projets de créations théâtrales, de formations professionnelles artistiques et s’engage dans des réflexions sur l’Afrique contemporaine. Les membres du collectif ont été initiés au centre de Formation et de Recherches en Arts Vivants (CFRAV), à l’Institut d’Images et du Son (ISIS), à l’Atelier Théâtre Burkinabé (ATB) à Ouagadougou au Burkina Faso. Djamah Afrik collabore avec des artistes internationaux : Nathalie Veuillet (La Hors De, Lyon, France), Patricia Gomis (Cie Djarama, Dakar, Sénégal), Boniface Kagembega (ACMUR, Ouagadougou, Burkina faso), Moïse Touré (Les Inachevés, Grenoble, France). Elle a pour ambition de fonder le premier Centre Panafracain d’Actions Artistiques, visant à défendre la mise en relation de la création théâtrale contemporaine avec tous les publics.

Les principaux intervenants de DJAMAH AFRIK :

Bonaventure Madjitoubangar

Originaire du Logone oriental, directeur artistique de la compagnie Djamah Afrik depuis 2013, il est metteur en scène, dramaturge et comédien. Il parle le Ngambay, l’arabe tchadien et le français.

Il a travaillé avec Jean Louis Martinelli (FR), Koffi Effoui (Togo), Jean Pierre Guegane (Bf), Étienne Minigou (BF), Olivier Coyette (B), Proper Campaore (BF), Ildevert Meda (BF), Nathalie Veuillet (FR), Luca Fusi (I), Djamal Ahmat Mahamat (TC), Hassan Keiro (TC).

Renaud Masbeye

Réalisateur formé à l’Institut d’Image et du son au Burkina Faso. Il est premier assistant sur plusieurs films et a accompagné de grands réalisateurs :

  • Mahamat Haroun Saleh «  Un homme qui crie » et « Gri Gri »,
  • Boubakar Diallo « Julie et Roméo »
  • Koulou Sanou « Le serment »
  • Appoline Traoré « Accident de circulation »
  • Missa Hébié «  Commissariat de Tampoui »

Abdoulaye Abdoul Omaté

Membre artistique de DJAMAH AFRIK, en tant que comédien et metteur en scène. Il a mené le projet de Mutations Urbaines.

8/ Aperçu des interventions de Djamah Afrik sur la décentralisation et la participation citoyenne

L’association Djamah Afrik a déjà mis en œuvre plusieurs interventions dans l’espace public et actions de théâtre forum en faveur de la promotion du développement local et de la décentralisation, en lien étroit avec les populations et les communes. Elle s’est nourrie de ces échanges avec la population pour créer également des œuvres théâtrales.

Relance-Théâtre (2011-2014)

Depuis 2011, la compagnie exécute un projet de formation et de réflexion au Tchad,  en vue de l’installation d’un laboratoire régional de recherche sur les matériaux théâtraux non identifiés (Théâtre/Cinéma).

Mutations Urbaines (2013-2014)

Ce projet a été financé par le Fonds Social de Développement de l’Ambassade de France au Tchad.  La compagnie a mené une série de rencontres autour de ses créations de théâtre forum dans tous les arrondissements de N’Djamena autour des thématiques de dialogues interculturels. Un travail photographique a permis de capitaliser cette expérience et a donné lieu à des expositions dans tous les arrondissements concernés. Elles ont voyagé à Paris à la Galerie du Bar Floréal (Sept/oct 2014), au colloque Liaisons Urbaines à la Cité d’Architecture de Paris (2014), au Centre Français en Allemagne (janvier/février 2015) et à N’Djamena à l’Institut Français . Un livre a été édité N’Djamena Tchad publié aux éditions Créaphise.

Campagne de sensibilisation auprès des femmes vendeuses de poissons du marché de Dembé (2013)

Dans le cadre du programme de « Renforcement des capacités des associations féminines afin d’améliorer la couverture des besoins en assainissement dans les zones urbaines et périurbaines de N’Djaména », la compagnie Djamah Afrik a assuré le volet théâtre-forum, piloté par la CELIAF et financé par l’Union Européenne et OXFAM Grande Bretagne. La compagnie a conduit la Caravane se déplace dans différents quartier des communes du 6ème et 7ème arrondissement sur le thème des bonnes pratiques d’hygiène.

Campagne de sensibilisation auprès d’enfants orphelins (2014)

La compagnie a coordonné et animé des ateliers dans les orphelinats de N’Djamena pour instruire les enfants de leurs droits, notamment concernant le travail précoce (Convention 182 de l’OIT). Cette action a été commanditée par la Coopération Internationale Italienne (COOPI), l’Union Européenne et la Coopération Française. Elle s’est clôturée par trois représentations jouées par les enfants dans différents arrondissements de N’Djamena.

Campagne de sensibilisation sur la décentralisation (2009-2011)

Djamah Afrik a été sollicité par le Ministère chargé de la Décentralisation, avant la tenue des premières élections locales, pour sensibiliser la population des arrondissements de N’Djaména sur la décentralisation, grâce au théâtre forum

Les créations théâtrales (depuis 2008)

  • « Ma vie de Femme » de DJIGATCHONG BATOUMAI Hortense, 2008, en tournée internationale au Burkina Faso, en Guinée Conakry et au Bénin.
  • « Le chant de Dire-Dire » de Daniel Danis, 2009, en coproduction avec le Théâtre à Emporter de Toulouse, au Théâtre National de Toulouse et à N’Djamena au Théma Culte, à Moundou à la Maison de la Culture.
  • « Regards dans une Larmes » de Koulsy LAMKO, 2010, en tournée internationale au Tchad, au Burkina Faso et au Niger.
  • « Goi Goi cancer de la liberté » inspiré du recueil des éditoriaux Le sens d’un Combat de Norbert ZONGO, l’Epreuve de Justice et le Monologue du Demeuré de Souleyman ABDELKERIM CHERIF, produit à l’Institut Français du Tchad en novembre 2013 et 2014.
  • « Sarzan Sou IV » de Koulsy LAMKO dans le cadre de la Quarantaine des Résistances Panafricaine d’Écriture et de Créations Théâtrales de Ouagadougou (RECREATRALES 2012).
  • « Paroles de Femmes » de Koulsy LAMKO, 2014, à l’Institut Français du Tchad, au Centre Al Mouna, et au Ministère des Affaires étrangères dans le cadre de la semaine de la francophonie à N’Djamena.

Contacts :

Bonaventure Madjitoubangar, directeur artistique

Contact : djarim_bona@yahoo.fr, 63 45 61 71

Caroline Arnulf, conseillère technique auprès du Ministère chargé de la Décentralisation

Myriam Pavageau, attachée de coopération, Ambassade de France

Contact : myriam.pavageau@diplomatie.gouv.fr