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Théâtre et urbanité / Invitation de Patricia Gomis, Sénégal et de la compagnie La Hors De, France

THÉATRE ET URBANITÉ

ARTS-POPULATION -ESPACE

COMPAGNIES DJAMAH AFRIK – TCHAD ET DJARAMA – SÉNÉGAL

Création d’espaces imaginaires, rêvés pour la construction d’une communauté, où l’individu devient citoyen-acteur de son environnement.

Préambule :

Théâtre et urbanité réunit deux compagnies de théâtre qui travaillent dans le même registre : Djamah-Afrik -Tchad- (Bonaventure Madjitoubangar) et Djarama –Sénégal- (Patricia Gomis). Le projet propose la poursuite de l’immersion d’équipes théâtrales associées à d’autres disciplines artistiques dans les espaces collectifs et les concessions privées de la ville pour amorcer une rencontre, un dialogue et une invitation des populations à circuler d’un quartier à l’autre et les inviter aux processus de création développés par les artistes. Ce projet a été initié en 2013 à N’Djaména, financé par le fonds social de développement. Il était destiné à rompre l’incommunicabilité entre les peuples qui cohabitent dans une ville déchirée par les guerres civiles entre 1979 et 2008 Aujourd’hui, Théâtre et urbanité organise la rencontre entre les deux compagnies. Elle est destinée à murir ce travail d’intervention du théâtre dans le domaine social par des artistes professionnels de manière a construire un répertoire d’œuvres diffusées dans les théâtres et les festivals.

À l’issue des étapes de rencontres et de travail avec les populations invitées au processus de création, les œuvres produites qui en découlent font l’objet de restitutions publiques dans les quartiers et les concessions. Elles circulent d’un quartier à l’autre pour inviter à une connaissance et une reconnaissance mutuelle. Enfin elle propose d’inscrire des lieux de diffusion culturelle, comme l’Institut Français , la maison de la culture Baba Moustapha et le centre Al Mouna comme des lieux d’expressions plurielles ouverts sur toutes les communautés. L’objectif second sera bien sûr d’affirmer la professionnalisation artistique de la compagnie Djamah Afrik afin de travailler sur une diffusion internationale.

La compagnie Djamah-Afrik coordonne le projet et associe plusieurs disciplines artistiques : Théâtre (Cie Kaar Goos-Hassane Keiro, Cie Cult’arts-Léonie Youmba), chorégraphie (Cie Sabots du vent-Yaya Sarria), scénographie (association du projet aux Scènographies urbaines de Jean-Christophe Lanquetin et Touteba Bobélé) et photographie (Abdoulaye Barry-lauréat des rencontres de Bamako 2009, collectif photocamp) ainsi qu’un feedback assuré par un sociologue : Béléya Bonlengar.

L’économie du projet sollicitée auprès de l’Institut français/Paris est exclusivement destinée à soutenir les invitations en résidence de Patricia Gomis et la dernière phase de création  avec l’équipe tchadienne.

Les résidences à Ouagadougou, à Dakar et en immersion à N’Djaména dans les phases préparatoires à la venue de Patricia Gomis sont prises en charge par d’autres partenaires.

La problèmatique tchadienne en matière de cohabitation des populations

La mixité des populations à N’Djaména reste une question au centre des dialogues interculturels et cultuels rompus depuis 1979.

Notons qu’à l’origine, le 3ème arrondissement s’est constitué historiquement autour du quartier de Bassana qui était aux confins de la ville historique installée à l’indépendance après 1960. Il était alors le carrefour migratoire des populations venues de tout le pays vers la nouvelle capitale. L’un des grands carrefour jouxtant ce quartier s’appelle encore aujourd’hui « Rond point de l’union ».

Ce n’est qu’après quelques années de cohabitations, que Bassana a éclaté en plusieurs quartiers séparant les populations musulmanes et chrétiennes et reforçant les dissentions entre les communautés au fur et à mesure que la ville s’agrandissait.

Le carrefour de l’union n’est plus qu’un toponyme historique ne reflétant plus aucune réalité. À partir des années 1975, les communautés qui rejoignent la capitale se regroupent par ethnie et confession jusqu’à la guerre civile de 1979 à 1982. Depuis, les conflits incessants (jusqu’en 2008) ont perpétuellement renforcé ces partitions entre populations avec une méfiance réciproque et une totale méconnaissance de l’autre. La rupture de dialogue et la partition nord/sud sont devenues le mode de peuplement de la capitale. Notons qu’il y avait 200 000 habitants au moment de la construction du quartier de Bassana et qu’aujourd’hui la ville compte environ 1 300 000 habitants.

C’est dire combien ce mode de peuplement pose une question grave dans la cohésion nationale à l’image du pays.

Calendrier de travail

De janvier à février 2015 : Synthèse des thématiques abordées avec les populations. Repérage et identification des habitants qui seront associés aux processus de création.

Reprise du travail de moissonnage des thématiques repérées autour des questions de l’adaptation aux mutations d’une ville en mouvement (Problématiques d’environnement urbain, de santée publique, place de la femme dans la nouvelle société tchadienne, enfants des rues, travail des enfants et surtout des jeunes filles, oisiveté et violences urbaines, fêtes et convivialité urbaines etc… ). Travail de moissonnage associé au sociologue.

Du 11 au 22 février : invitation de Djamah-Afrik au festival « Rendez-vous chez nous » de Boniface Tapabenga pour la présentation de leur format de spectacle Une lecture et un voyage. Présentation dans l’espace public de Ouagadougou des travaux photographiques du collectif photocamp à N’Djaména sous la direction artistique d’Abdoulaye Barry. Résidence d’écriture de Bonaventure Madjitoubangar (Djamah-Afrik) dans le cadre d’un projet dirigé par la compagnie la Hors de (Nathalie Veuillet) à Ouagadougou qui travaille sur la même thématique d’écriture autour de rencontres avec les populations.

Du 4 au 27 mars : invitation en résidence de Bonaventure Madjitoubangar dans le projet de théâtre de rue Utopies et théâtre mené par les inachevés à Grenoble.

Avril 2015 : invitation du spectacle La solitude et la roue de Bonaventure Madjitoubangar avec Léonie Youmba au festival de théâtre de rue de Patricia Gomes à Dakar. Ce spectacle est issu de la première phase de résidences dans l’espace public financé dans le cadre du Fonds social de développement à N’Djaména en 2014.

Mai 2015 : 1ère résidence de Patricia Gomes à N’Djaména avec Bonaventure Madjitoubangar assisté d’Abdoulaye Oumaté. Repérage dans les 5 arrondissements retenus et immersion des équipes artistiques avec les populations. Définition du processus de création. Direction d’un atelier avec les comédiens des compagnies associées à Djamah-Afrik. Choix des 5 comédiens qui interviendront dans la co-création.

Juin 2015 : poursuite du travail d’immersion des équipes artistiques dans les espaces publics. 5 artistes choisis par Patricia Gomes à l’issue de la résidence de mai (en plus des deux metteurs en scène Bonaventure Madjitoubangar et Abdoulaye Oumaté).

Juillet-septembre 2015 : Répétions pour la création du spectacle.

Octobre 2015 : Deuxième résidence de Patricia Gomis. Création du spectacle dans l’espace public et 3 diffusions à l’Institut français, au centre Al Mouna et à Baba Moustapha.

Bonaventure Madjitoubangar, directeur artistique

Contact : djarim_bona@yahoo.fr, 63 45 61 71