Du 11 novembre au 20 décembre 2014

Une exposition photographique d’ Olivier Pasquiers

À l’occasion du Centenaire de la première guerre mondiale 1914/1918, la Trésorerie de France en partenariat avec l’Institut français du Tchad, présente une exposition d’Olivier Pasquiers. Le photographe a été invité en résidence à N’Djaména en février 2014 et dans les provinces du sud en octobre dernier où il a accompagné la mission conduite par la Trésorerie de France pour le paiement des pensions militaires françaises des anciens combattants tchadiens.

Combien sont-ils encore à être parmi nous ces héros presque anonymes, témoins de nos guerres passées?

Aujourd’hui les quelques-uns qui restent, vaillants porteurs de mémoire, ont plus de quatre vingts ans. Souvent mariés plusieurs fois selon la tradition tchadienne, la famille est nombreuse, qu’ils doivent faire vivre au quotidien.

Depuis cinquante deux ans que nos anciennes colonies sont toutes devenues indépendantes, la pension militaire servie à chacun de ces anciens, bien que modeste, leur a permis de vivre et de faire vivre la famille. Et puis, de revendications en réformes, de discours à l’Assemblée nationale en journées de commémoration, une revalorisation des pensions est arrivée, qui permet à chacun en fonction du temps passé sous les drapeaux, de percevoir la pension «dé-cristallisée» … Enfin.

Beaucoup de ces anciens soldats sont décédés sans avoir connu cette revalorisation. Oubliés de guerre, ils sont retournés vivre et mourir au pays.

Alors, à ces femmes restées veuves ? La moitié de la pension du mari défunt est reversée aux veuves, derniers témoins de ce passé héroïque, bien souvent partagée entre plusieurs épouses soudées entres elles et solidaires de ce droit si précieux. Cet argent va servir au fil des mois à vivre un peu moins dans la misère à rendre la maison un peu plus confortable ; à nourrir un peu mieux les enfants, à les envoyer un peu plus longtemps à l’école. Il faut en profiter tant que l’aïeulle est là. Et peut être qu’une petite partie de cette pension sera dépensée pour soigner cette grand-mère ? Après tout, la pension disparaîtra avec elle. Souhaitons qu’elles aient la chance d’en jouir assez longtemps.” Olivier Pasquiers.