COURANT OCTOBRE À FARCHA

Les derniers travaux d’édition de notre grand chantier autour des Mutations Urbaines se poursuivent. Ils avaient clôturé la programmation des expositions de la saison 2012/2013 avec l’invitation du collectif nigérian Invisible Borders qui ont travaillé avec des photographes tchadiens sous la direction d’Abdoulaye Barry dans le quartier de Farcha.

Observer les mutations qui s’opèrent dans la ville, ce n’est pas seulement constater les constructions de nouveaux immeubles et l’aménagement des nombreux équipements dont se dote la capitale.

Les mutations urbaines impliquent aussi une mutation des esprits ou des consciences et invitent à une bien meilleure circulation entre les peuples et les cultures qui composent les vraies richesses et ressources de la Ville-Capitale.

Les Damnés de la forêt de Milézi

Sur ces mois de septembre et d’octobre, le collectif de photographes, les comédiens coordonnés par Abdoulaye Oumaté et Léonie Youmba, et le centre Al Mouna vous convient à plusieurs rendez-vous notamment à Farcha : performances, expositions dans l’espace public, rencontres et débats. 

Depuis le départ des Invisible Borders, Abdoulaye Barry s’est installé dans le camp des sinistrés pour être au cœur de ces populations afin de faire une série intitulée les Damnés de la Forêt de Milézi. C’est cette nouvelle série qui fait l’objet d’une exposition dans le quartier de Farcha.

« Une série de photographies réalisée dans le camp des sinistrés de la forêt de Milezi qui habitaient une île située entre les fleuves Chari et Logone,  frontière naturelle entre le Tchad et le Cameroun. Une mosaïque de familles et de communautés qui vivaient en harmonie jusqu’aux inondations de 2012. L’île est alors complètement engloutie par les eaux, les populations tentent de se réfugier vers la  rive droite, du côté du Cameroun. Mais les gardes-côtes camerounais les en empêchent, en leur faisant savoir qu’ils sont tchadiens… A leur arrivée au Tchad, ils se sont installés dans un marécage dénommé «Forêt de Milézi». Entre Tchad et Cameroun, devenus apatrides, ils sont abandonnés à eux-mêmes ; les sinistrés de la «Forêt de Milézi» survivent malgré tout ».                          Abdoulaye BARRY