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Un jour de novembre 2009. Quatre jeunes tchadiens décident de monter une compagnie de danse. Ils ont grandi aux rythmes des musiques africaines et forment le groupe Tchado Ivoirien parce-que leur démarche est basée sur le coupé-décalé. Deux ans plus tard, le groupe découvre le “Tapa Danse Africa”, une danse traditionnelle méconnue, et l’intègre à ses chorégraphies. Au même moment, il se renomme “Tchado Star”, ou l’Étoile du Tchad. 

Petit à petit, le groupe se fait connaitre et est pris au sérieux. Il se produit beaucoup, danse tout le temps, danse et partout et devient ambassadeur pour l’agence de télécommunication TIGO, qui s’intéresse beaucoup aux danses modernes et urbaines qui bousculent le public tchadien. Les Tchados partent alors faire leur première tournée nationale. 

Le groupe est aujourd’hui constitué de Maurice Brahim, Hervé Dakanga et Aleva Ndavogo Jude (leader), danseurs tchadiens, et de Essimbi Tsimi Hervé Stéphane, danseur camerounais.

En 2013, le groupe crée la pièce “Tapa”, qui va être un véritable tournant pour nos jeunes danseurs. C’est une invention chorégraphique qui croise la danse traditionnelle, la danse urbaine, la danse bosso camerounaise (inspirée du krump et utilisée pour les défis) et la danse contemporaine – un véritable mélange, ou Marba dans un dialecte du sud du Tchad. Au festival Souar Souar qui a lieu à N’Djaména tous les ans au mois de décembre, cette pièce est un succès phénoménal – le programmateur français venu pour l’occasion est émerveillé et les engage. 

A la Biennale de la danse de Lyon qui a lieu l’année suivante, en septembre 2014, ils font partie de la sélection tchadienne et dansent sur une des scènes les plus prestigieuses de France. Ils ont la force, la puissance, la folie et l’énergie que beaucoup attendent. Ils sont la créativité et l’avenir. Ils sont aussi programmés sur la scène de Bordeaux et à la MAC de Créteil. 

C’est le début de leur carrière internationale. Quelques mois plus tard, ils sont invités à faire une représentation de leur spectacle au festival de danse sénégalais Kaay Fecc.

A côté de leurs périodes de représentation, chacun d’entre eux est engagé dans de nombreux projets. Aleva réussit à intégrer l’école des Sables de Dakar, où il suit une formation professionnelle pendant plusieurs mois en 2015 et 2016.

A N’Djaména, ils forment les jeunes, notamment les enfants des rues avec lesquels ils tracent de véritables routes artistiques. Ils sont de tous les spectacles, de tous les événements, de toutes les scènes. N’Djaména entière est leur scène, et le monde artistique tchadien au complet les reconnait comme un groupe volontaire, engagé et extrêmement prometteur.